Lectures


Cette année avait lieu la deuxième édition des Futuriales, festival de littérature de l’imaginaire organisé par la ville d’Aulnay sous bois. Ayant décidé de m’ouvrir un peu plus à la SFFF française et profitant d’une rencontre grenouillesque, j’ai embarqué une amie avec moi et nous sommes parties à la découverte de ce festival.

Affiche réalisée par Manchu

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Pour commencer mon challenge nécrophile, j’ai décidé de monter une liste des auteurs qui correspondaient aux conditions du challenge et de laisser mon envie décider de l’œuvre par laquelle je commencerai. Mais, comme d’habitude, le hasard a pris le pas sur l’envie.

Je suis partie il y a deux semaines, acheter l’un des romans de Yasunari Kawabata, mais aucune des œuvres proposées ne m’intéressait, jusqu’à ce que mes yeux croisent la couverture de ses correspondances avec Yukio Mishima. Je me suis alors souvenue que Mishima était aussi sur ma liste et j’ai cherché de ce coté… un quart d’heure plus tard, je ressortais avec 4 romans et recueils de cet auteur, dont Martyre.

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Alors du nouveau, du nouveau, du nouveau (pour me faire pardonner de je ne sais combien de temps d’absence).

Coté écriture :

  • J’ai écris deux nouvelles et demi depuis mars.
  • Une réécriture de la nouvelle refusée par le fanzine Pénombre. Je ne sais pas à qui je vais l’envoyer, c’est la première fois que j’ai une nouvelle sans AT. Je fais en ce moment le tour des fanzines et revues  athématiques (et ça m’amuse follement !).
  • Une nouvelle écrite pour l’AT Villes d’Hydromel.
  •  Une demi-nouvelle écrite pour un AT semi-privé mais jamais envoyé parce que j’étais trop fatiguée pour la finir le soir de la deadline.

Je pense encore participer à :

  • L’AT ‘En dessous’ de Parchemin et Traverses. Une nouvelle sur Vlad l’Empaleur et son combat contre l’empire Ottoman.
  • L’AT Fantastique de Malpertuis avec une nouvelle sur un monstre médical.
  • Le concours de nouvelles de la Sorbonne sur les pays de l’Est (ils me tendent une perche alors je dois l’attraper, je ne peux faire autrement).
  • Et encore à l’AT d’Hydromel (parce que je ne suis pas certaine que la première nouvelle ait une chance).
  • Ah et il y a l’AT sur image du Collectif Hydrae qui se clôture bientôt (d’ailleurs les deux poèmes que je leur ai envoyé pour l’AT Au château des alouettes ont été retenus !).

Bref, ça ne me laisse pas beaucoup de temps pour travailler sur Vlad mais je vais essayer de finir le chapitre 1 d’ici la fin du mois.


Côté lecture :

Je m’y suis remise sérieusement. Il y a quelques temps je lisais un roman par mois, et encore. Depuis j’ai découvert Francis Berthelot.

Bref depuis trois semaines j’ai lu :

  •  Hadès Palace de Francis Berthelot
  • Le petit cabaret des morts de Francis Berthelot
  •  La boîte à chimères de Francis Berthelot
  •  Les trois reliques d’Orvil Fisher de Thierry Di Rollo
  •  Voici l’Homme de Michael Moorcock
  •  Je suis une légende de Richard Matheson
  •  Martyre de Yukio Mishima

Je vais tenter de faire un billet sur chacun de ces livres parce que certains rentrent dans le cadre de challenges de lectures et que les autres doivent à tout prix avoir leur propre billet. Je suis contente d’être à ce point motivée par mes lectures.

Du coup, j’en ai profité pour m’inscrire à un nouveau challenge : le challenge Elisabéthain proposé par Isil. Un autre post arrive pour le présenter en bonne et due forme).
Côté IRL :

  • J’ai enfin mon nouveau tatouage ! Asclépios est petit, discret et aurait été parfait si je n’avais pas oublié l’esprit (une sorte d’accent) sur l’alpha de tête (merci Mathieu pour la précision).
  •  J’ai fini mon boulot à Intermarché ! Enfin !
  •  Mai est le mois des festivals de littérature ! J’ai découvert ces petites bêtes récemment et je les aime déjà. Un article plus long leur sera consacré.
  • J’ai découvert Glee et Glee c’est le mal (mais Chris Colfer à une voix divine et des yeux bleus à tomber !). 

Je vous assure qu'il n'a pas cette tête durant toute la série.

Résumé de l’éditeur :

Comme tous les fedeylins, petits être ailés vivant au bord d’une mare qui constitue leur monde, Cahyl éclot sur un nénuphar. Comme tous les fedeylins, il doit braver la noyade et de dangereux poissons avant d’atteindre le rivage. Comme tous les survivants de cette première épreuve, Cahyl se présente devant les Pères Fondateurs, avide de connaître la caste choisie pour lui et l’avenir tout tracé qui l’attend. Mais Cahyl est différent (…)

Son existence même fait trembler les bases de sa société et cela, tout le monde n’est pas prêt à l’accepter.

Mon avis :

Il y a quelques mois, je suis allée à la convention Cocyclics et en plus de supers souvenirs, j’en suis repartie avec la Saveur des Figues dédicacée et le premier tome des Fedeylins (que je sais écrire sans fautes maintenant). Après des premières pages qui m’ont laissée perplexe, j’ai accroché au style épuré, à la fois simple et recherché de l’écriture, j’ai été emportée par les aventures de Cahyl, par ses doutes et ses interrogations.

Le monde que crée Nadia Coste a cela de particulier qu’il n’est centré qu’autour d’une mare que se partagent deux peuples – les fedeylins et les gorderives. Le lecteur suit Cahyl dans son quotidien, dans ses réflexions sur sa place au sein de son peuple et découvre au travers les yeux de ce héros une société réglée avec précision. La réflexion sur cette société est l’un des points forts de ce roman parce que derrière la lumière et la joie se cache les ombres et l’oppression, un sujet délicat et bien mené. L’autre point fort concerne la relation entre Cahyl le fedeylin et Glark le gorderive, deux êtres voués à se combattre et qui pourtant deviennent amis. Pour moi le roman de Nadia Coste est un roman sur l’amitié, celle qui lie deux personnes en dépit des convenances, de la société dans laquelle ils vivent, de leur familles… C’est une sorte de Roméo et Juliette amical transposé au cœur d’un univers féérique (même si je le sais, les fedeylins ne sont pas des fées). Cette amitié est pour moi au cœur du roman, plus que le destin de Cahyl, plus que l’énigme qui plane autour des Pères Fondateurs, et la fin de ce tome, brillante, me conforte dans cette idée et j’ai hâte de découvrir les autres opus de cette quadrilogie et de suivre encore et encore les aventures de Cahyl et de Glark (surtout de Glark qui est devenu, dès le premier chapitre, mon personnage préféré).
Nadia Coste, avec un style bien à elle et une pudeur touchante, m’a fait redécouvrir les jeunes héros qui semblent porter le poids du monde sur leurs épaules. J’ai aimé découvrir cette société à part,  ces personnages ni sombres ni lumineux, cette réflexion sur la famille aussi, toute en justesse et sans clichés. Les Fedeylins sont un livre à lire, à dévorer, à savourer lentement selon les lecteurs, ne reste plus que l’attente des autres tomes et les relectures.

Je ne peux clore ce post sans parler de la couverture, épurée, glauque à souhait, qui rend parfaitement cette tension entre l’insouciance et les ténèbres qui entourent Cahyl.

Et en bonus, le trailer du livre (parce que je l’aime vraiment beaucoup).

Premier article pour le Challenge Uchronie du RSF. J’ai décidé de commencer lentement en parlant du numéro spécial Uchronie de Bifrost.

De manière générale, j’aime beaucoup ce que fait Bifrost : leurs nouvelles me permettent de lire des auteurs que je connais peu – et qui, de manière générale, écrivent bien – et leurs articles sont à la fois bien écrits et bien documentés. Aussi c’est avec hâte que je me suis précipitée sur le numéro 34 spécial uchronie (et je remercie la bibliothèque Rilke/Port Royal d’être si bien documentée).

La couverture d’abord, qui me laisse perplexe parce qu’un peu trop extrême à mon goût. L’uchronie n’est pas pour moi le débarquement des martiens au Moyen-âge, c’est plus complexe, cela doit se mettre en marche lentement, par petites touches aussi, la premier nouvelle proposée, La Pucelle enfumée de Jean-Pierre Andrevon, ne m’a pas plu. L’uchronie qu’elle ne dévoile qu’à la fin m’a laissée sur ma faim (aha aha aha) et l’intrigue géniale n’est, à mon avis, pas assez exploitée, laissant au premier plan ses rouages plutôt que ses répercutions. Une entrée trop brutale, une idée qui m’a semblée inégale et inabouti parce que, pour moi, une uchronie est avant tout le récit de ce qui se passe après le nœud temporelle et non de ce qui va l’entrainer. La fin de la nouvelle qui justifie la raison de toute cette mise en scène n’a pas sauvé la nouvelle à mes yeux mais au contraire, lui a donné le coup de grâce car elle rend le récit qui la précède bien pâle en comparaison. Une nouvelle qui m’a clairement ennuyé mais je commence à en avoir l’habitude, cela fait déjà quatre fois que la première nouvelle d’un Bifrost ne me plaît pas. Alors ne baissons pas les bras et continuons !

La seconde nouvelle a emporté mon adhésion dès le paragraphe introduisant l’auteur : « Avec Voyage au bout de l’Europe, Gilbert Millet nous livre un texte juste et ambitieux, un hommage aux deux ogres littéraires que sont Louis Ferdinant Céline et Victor Hugo ». Cette nouvelle qui conte parallèlement l’histoire de ces deux figures littéraires part du postulat suivant : et si Victor Hugo avait unifié l’Europe autour de la France et de l’Allemagne ? Quels seront les conséquences de ce changement sur le début du XXème siècle ? Parallèlement à l’histoire de Victor Hugo, celle de Céline et de son Voyage au bout de l’Europe, récit qui en entrainera un autre, Voyage au bout de la Nuit, sombre et terrifiant pour son auteur.
Cette nouvelle reste mon coup de cœur, même celle de Johan Heliot  la suit de près. Très bien écrite, avec une tension dramatique qui m’a laissée pantoise et une foule d’allusions littéraires toutes plus jubilatoires les unes que les autres, ce texte m’a emporté et je l’ai lu d’une traite, ratant même mon arrêt de bus (mais ceci est une autre histoire). En grande amatrice de Céline, j’ai apprécié la lecture d’une nouvelle qui ne le pose pas en grand méchant antisémite et ignoble écrivain.

Deuxième coup de cœur pour la nouvelle de Johan Heliot, La nuit du Grand Duc, qui commence par présenter le Grand Duc, sorte de super-héros de l’entre-deux guerres, en action. Il court, bondit, sauve les pauvres étudiants qui rentrent tard et arrête les criminels. Cela aurait pu être une banale et sympathique histoire d’un super-héros made in France mais Johan Heliot ne se contente pas de cela, il écrit une histoire sur la manipulation et l’injustice, sur le pouvoir qui réside dans le désir de prouver sa valeur. C’est une nouvelle puissante et riche à l’écriture poignante ; une très bonne surprise.

Sisyphe et l’Etranger est une nouvelle de Paul DiFilippo  traduite par Pierre-Paul Durastanti. Comme son nom le laisse penser, elle donne à Albert Camus le rôle titre et peint autour de lui un monde où, après avoir découvert un mystérieux rayon N, la France prend le contrôle d’une partie du globe, créant l’Empire Français. C’est le quotidien banal de cet homme, fonctionnaire de l’Empire à Alger, que raconte Paul DiFilippo, jusqu’à ce qu’Albert fasse une étrange rencontre.

La nouvelles m’a semblé intéressante quant au quotidien qu’elle décrit, aux petits indices laissés ça et là pour que le lecteur puisse comprendre ce monde dans lequel vit Albert Camus. Cette écriture du quotidien et très bien maitrisée aussi, même si elle est un peu longue, la première partie de la nouvelle est très plaisante. La seconde, elle, est ancrée dans le mystère et l’action. Si l’écriture reste constante, l’auteur se perd parfois dans ces explications ou bien reste trop flou. J’ai été frustrée de ne pas avoir d’avantages d’informations malgré la dernière phrase qui donne tout son relief au mystère et à l’attente.

Cinépanorama de Xavier Mauméjean est un court assemblage des tranches de vie d’un homme, d’un soldat et de coupures de journaux, le tout s’enroulant autour de la thématique cinématographique. Une bonne nouvelle que je ne saurai résumer autrement. Mauméjean donne à son texte un style décalé et pourtant réaliste dans ses blessures et son désespoir. Rien à y redire, l’uchronie se diffuse dans l’esprit du lecteur sans qu’il n’y prenne garde et lorsqu’elle est installée, elle éclate au grand jour. Un bon moment d’écriture.

L’étude uchronique par Pedro Mota :

Un article complet qui présente l’uchronie avec ses problématiques et ses limites, ses auteurs et ses incontournables chefs-d’œuvre. Pedro Mota s’est bien documenté et cela se voit, sont article et complet, les références sont nombreuses et intéressantes, malheureusement j’aurais aimé avoir d’avantage d’explications sur certains points (notamment sur la partie « Visages et limites de l’uchronie » qui me semble en-deçà du reste de l’article) avec l’impression de voir parfois d’avantage une liste d’idées que des propos argumentés.

Avant de faire un vrai point sur mes projets 2011, un petit questionnaire, piqué à Macalys, sur les livres lus en 2010 :

Le livre que vous avez préféré cette année :


Il y a trois livres qui sortent du lot de mes lectures 2010 mais il ne faut qu’un seul gagnant. La première place revient à Rien ne nous survivra, le pire est avenir de Maïa Mazaurette dont j’ai aimé les personnages et les liens qu’ils tissent entre eux, pour moi, plus que l’intrigue, ce sont ces liens qui sont au centre du roman.

Deuxième et troisième position pour La perle et l’enfant, premier tome de la Pucelle de Diable Vert de Paul Beorn, qui m’a définitivement réconcilié avec les personnages féminins, et Plastic Jesus de Poppy Z. Brite parce que Poppy Z. Brite.

Le livre le plus décevant que vous avez lu cette année :



L’anthologie Dragons, non pas pour les textes qui la composent mais pour ce qui me semble être un bâclage éditorial, ni préface, ni présentation des auteurs, aucune mention du nom de l’anthologiste… Je suis déçue, j’attendais mieux de Calmann-Lévy.


Un livre que vous ne vous attendiez pas à aimer :

Je ne sais pas si ce titre compte parce que je l’ai lu dans le cadre de mes études mais Le paysan parvenu de Marivaux a été un de mes coups de cœur 2010. Marivaux a donné à son personnage une telle présence et une telle complexité que j’ai été conquise et les touches d’humour lancées ça et là dans le récit sont jubilatoires.

Un livre que vous pensiez aimer mais finalement non :


Vegas Mytho de Christophe Lambert. J’en avais entendu beaucoup de bien donc j’ai décidé de sauter le pas.  Le thème me semblait accrocheur et touchait à un panthéon qui m’est cher, malheureusement le style, que je trouve toujours trop plat, de Christoph Lambert m’a empêcher d’apprécier réellement ce roman. Je trouve cela dommage parce qu’à part ce problème, l’intrigue me plaisait bien.

***

Pour débuter 2011 j’ai trois bouquins de coté pour le challenge Uchronie du RSF : Le maître du Haut Château de Philip K. Dick, L’Instinct de l’équarrisseur de Thomas Day et La part de l’autre d’Eric-Emmanuel Schmitt. Dans tout ça je dois réussi à finir les Fedeylins de Nadia Coste et le deuxième tome de la Pucelle de Diable Vert de Paul Beorn.

Titre : Créateurs, inventions et savants fous (Anthologie dirigée par Merlin Jacquet)

Auteurs : Marie-Anne Cleden, Christian Fontan, Léo Kennel, Aurélien James Ross, Jean-François Seignol, Nicholas Eustache, Célia Deiana, Marianne Gellon, Gabriel Vidal.

Editeur : Hydromel éditions

Nombre de pages : 172

Quatrième de couverture :
Créature, création et créateur. L’exploration de ce triptyque aux multiples recoupements apparaît comme une excellente opportunité de réunir textes et idées au sein d’un tour d’horizon créatif, d’une anthologie imaginative et variée.
En vous souhaitant bonne lecture…

L’enterrement du Nobel qui travaillait sur une machine à remonter le temps ; les étranges histoires du Link, ce livre interactif qui rend les enfants dépendants ; la lutte surréaliste de Seth, Isis et Osiris au sein
d’une organisation surréaliste ; le détournement de l’Opéra total de Wagner contre le roi.
Alphonse Nietzchneknarf voyage entre préhistoire et dieux furieusement hallucinés ; la cour de récréation de Miroir est désertée par les enfants morts que les camions ont emportés ; finalité de la muse, drogue à l’origine d’une science appliquée au-delà de toute compréhension.
Et alors qu’un scientifique russe cherche la formule de la bombe H dans les bras d’une prostituée, le Verseau, ce vieil enfant fou, construit des automates pour sa ville brisée…

Créateurs, inventions et savants fous est le premier ouvrage que je lis des éditions Hydromel. Les critiques élogieuses lues sur Cocyclics et sur d’autres forums m’ont donné envie de sauter le pas, c’est chose faite.

Pour commencer, la couverture d’Alain Mathiot est très belle, sobre, emplie de petits détails qui accrochent l’œil – même si j’ai préféré le croquis en fin d’ouvrage. Le dessin laisse cependant penser à une anthologie tournée vers la SF, je me suis donc lancée dans cette lecture un peu à reculons, n’étant pas très amatrice de ce genre d’autant que la thématique de l’AT me semblait tout de même dirigée dans ce sens. C’est avec un grand plaisir que j’ai constaté que mes craintes étaient infondées, toute les nouvelles étant abordables à la néophyte que je suis.

La machine à démonter le temps – Marie-Anne Cleden

Une nouvelle parfaite pour l’ouverture de l’anthologie puisqu’on assiste à un enterrement. Celui d’un savant un peu fou vu à travers les yeux embués de son assistant. La plume de Marie-Anne Cleden est concise, précise, efficace et nous entraine, de flash-back en flash-back, dans une histoire surprenante et intrigante. Thomas, l’assistant, est très bien caractérisé, il est attachant et d’une naïveté un brin pudique qui donne toute sa dimension au texte. J’ai partagé avec lui ses joies, ses incompréhensions et ses chagrins, jusqu’à son dernier désespoir.  Une bien jolie nouvelle pour laquelle je remercie Marie-Anne.

Le syndrome du Link –  Christian Fontan

Le syndrome du Link n’est pas la nouvelle que j’ai préférée mais elle est celle qui m’a tenue le plus en haleine. Ici les enfants deviennent inséparables de leurs livres électroniques, ils prennent la place de leurs amis, de leur famille au grand damne de ceux-ci. Le thème des méfaits de la technologie et de la dépendance n’est pas très original mais il est si bien mené par des découpages temporels que je n’ai pu lâcher la nouvelle avant de l’avoir finie.

L’espace dans la géométrie – Léo Kennel

Mon deuxième coup de cœur de l’anthologie. Une écriture légère et intelligente. Je ne pensais pas trouver un texte sur l’art dans une anthologie que je pensais plus dirigée par les sciences. Hydromel et Léo Kennel m’ont bluffée et acquis à leur cause.  Le texte est percutant dans ses images et ses figures, ses personnages sont troubles et troublants (moi qui ne suis pas amatrice de mythologie Egyptienne j’ai apprécié le lien) et les descriptions, que je trouve la plupart du temps mal menées, sont magistrales. Une très belle nouvelle, j’ai hâte de lire La nuit en sursaut !

L’oeuvre d’art de l’avenir – Jean-François Seignol

Les premiers paragraphes de ce texte m’ont semblé un peu plats aussi j’ai eu du mal à accrocher au texte. Cependant, si l’intrigue s’est mise en place difficilement, elle a repris rapidement de l’ampleur à mon plus grand plaisir. J’ai apprécié l’histoire de la genèse de l’Eindrucksmaschine et les rencontres faites par Wagner durant son séjour Parisien. L’écriture est fluide et agréable même si on peu regretter une fin un peu hâtive. J’aurais aimé une meilleure caractérisation des personnages secondaires, notamment de Louis de Bavière mais on ne peut pas tout avoir. Une bonne nouvelle qui m’a fait découvrir la plume de Jean-François Seignol.


Sans mixture ni potion – Aurélien James Ross

La rencontre ne s’est pas faite sur ce texte. Je n’ai compris ni l’intrigue, ni la découpe, ni le choix stylistique et visuel.

Verre brisé –  Celia Deiana

Un texte triste et émouvant. Miroir possède une voix innocente, tendre et d’autant plus émouvante que le lecteur anticipe la fin en la regardant sourire. Celia Deiana a réussi à donner à sa nouvelle une sincérité naïve et poignante. La fin de la nouvelle m’a touchée presqu’autant que la fin de Madame Bovary, c’est dire ! J’aurais aimé avoir plus d’explication quand à la maladie mais c’est du chipotage plus qu’autre chose.

La boîte noire – Nicholas Eustache

La boîte noire est, pour moi, le texte le plus original de cette anthologie. Le style posé et percutant de Nicholas Eustache est toujours aussi agréable si bien que sa nouvelle, la plus longue de l’anthologie, se lit rapidement et sans interruption. J’ai été portée par l’intrigue et par le postulat de départ aussi ai-je été un peu déçue par la fin que j’ai trouvé trop hâtive, j’aurais aimé un peu plus d’explications sur le pourquoi du comment.

H – Confidentiel – Marianne Gellon

Un texte sobre que beaucoup ont critiqué parce qu’il n’appartient pas aux genres de l’imaginaire… Et alors ? Les éditions Hydromel l’ont précisé comme elles le précisent dans leur appel à texte actuel : tous les genres sont admis. Ma mère dirait que c’est mon coté Gicà contra (une sorte d’avocat du Diable roumain) qui s’éveille parce que, malgré les petits défauts de cette nouvelle (longueur, style parfois incertain), j’ai envie de la défendre bec et ongles. L’idée est audacieuse, le sujet historico-scientifique est très intéressant. Il nous donne une vision de la course à l’armement tout à fait crédible dont la fin apporte avec elle l’éternelle question et si… ? Je pense aussi qu’il faut du courage pour soumettre et publier une nouvelle de littérature blanche dans un milieu clairement orienté imaginaire et revendiquer ce choix. Je pense d’ailleurs que ce texte est celui qui a le plus sa place dans une anthologie intitulée de la sorte, après tout, pourquoi chercher dans l’imaginaire ce qu’on peut trouver dans le monde contemporain ?

Le Verseau – Gabriel Vidal

Ce texte est mon coup de cœur de l’anthologie. Il est tarabiscoté à souhait, le style y est mystérieux et enivrant. Il y a une telle poésie dans cette nouvelle que j’aurais aimé en avoir plus à lire. Je m’enchante de pouvoir lire à nouveau un texte de Gabriel Vidal dans la prochaine anthologie des éditions Hydromel.  Un très très bon texte.


Je retiendrai de cette anthologie qu’elle est intelligente et emplie de surprises. Je suis heureuse de l’avoir enfin lue après tant de mois à lui tourner autour. Je n’ai qu’un seul bémol à relever : j’aurais aimé y lire une préface expliquant le choix du thème et de l’anthologiste quant aux textes sélectionnés.

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